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Blessures au padel : seulement 1,1 % des joueurs de l’AFPadel ont déclaré un accident au cours des 3 premiers trimestres 2026
De janvier à septembre 2026, 203 accidents ont été déclarés à l’AFPadel pour 18 352 affiliés : près de 99 joueurs sur 100 n’en ont déclaré aucun. Un chiffre rassurant, mais qui ne dit pas tout. Pour aller plus loin et faire de la prévention une priorité, l’AFPadel et la Clinique du Sport HUmani organisent le samedi 21 novembre 2026, à Charleroi, le 1er Symposium consacré à la santé des joueurs de padel.
Une initiative pour la santé des joueurs
Le padel séduit chaque année de nouveaux pratiquants, de tous âges et de tous niveaux. Cette popularité a un revers : les blessures. Pour y répondre, l’AFPadel a lancé les RENcontres SANté de l’AFPadel, avec une ambition simple, porter un « regard scientifique à travers la vitre » sur la pratique.
Premier temps fort de cette démarche, le 1er Symposium « Pathologies et prévention dans la pratique du padel » est une initiative de l’AFPadel et de la Clinique du Sport HUmani (CHU Charleroi-Chimay), en collaboration avec la Société Francophone de Médecine et des Sciences du Sport (SFMSS), Dilea, Santos Palace, Baloise, Pegi, Mosanes et Stim-Form.
Il s’adresse aux professionnels de santé, mais aussi à tous ceux qui accompagnent les joueurs au quotidien : entraîneurs, coachs, professeurs d’éducation physique et éducateurs. Sur le terrain, ce sont eux qui voient les joueurs s’échauffer, s’équiper et enchaîner les matchs, et qui peuvent agir avant la blessure.
« Le padel grandit très vite, et nos joueurs avec lui. Notre rôle, c’est aussi de veiller à ce qu’ils puissent pratiquer longtemps et en bonne santé. Ce symposium est né de cette conviction : réunir médecins, kinés, podologues et encadrement autour d’une même table », explique Xavier Picard, à l’initiative des RENcontres SANté de l’AFPadel.
La Clinique du Sport de Charleroi, co-initiatrice et garante du volet scientifique
Installée dans le parc de Monceau-sur-Sambre, la Clinique du Sport de Charleroi est le service de médecine du sport du CHU Charleroi-Chimay, au sein d’HUmani. Elle accueille toute personne qui pratique un sport ou une activité physique, du sportif professionnel à l’amateur.
Aux côtés de l’AFPadel, la Clinique du Sport est à l’initiative du symposium. Elle en porte le volet scientifique : c’est elle qui a construit le programme et réuni les intervenants, médecins du sport, podologues et spécialistes de la prévention.
Sa force tient à son approche pluridisciplinaire. Médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychologues et préparateurs physiques y prennent en charge le sportif blessé de la première consultation jusqu’à son retour sur le terrain, qu’il ait besoin d’une opération ou d’un traitement conservateur. La clinique réunit notamment la médecine et la traumatologie du sport, la cardiologie et la pneumologie du sport, la chirurgie orthopédique, la pédiatrie du sport, l’imagerie des lésions musculo-tendineuses, une unité de réathlétisation, des tests d’aptitude physique, la diététique et la podologie.
Le service est dirigé par le Dr Séverine Macq, cheffe du service de médecine du sport. Médecin du sport engagée dans la promotion de la santé des sportifs, elle a notamment siégé à la Commission francophone de promotion de la santé dans la pratique du sport de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle ouvrira le symposium aux côtés de Xavier Picard et modérera la première partie de la matinée.
L’AFPadel à l’avant-garde sur la prévention
En plaçant la santé de ses joueurs au cœur de son action, l’AFPadel fait le choix d’une fédération moderne. Plutôt que de réagir aux blessures, elle veut les anticiper, en adoptant progressivement une véritable politique de prévention.
Prévenir dès le plus jeune âge. L’objectif est d’installer les bons réflexes très tôt (échauffement, technique, matériel adapté, gestion de la charge) pour que chacun puisse jouer le plus longtemps possible, tout au long de sa vie sportive, sans se blesser.
Une démarche d’utilité publique. Chaque blessure évitée, c’est aussi une consultation, un examen ou un arrêt de travail en moins. En misant sur la prévention, le sport contribue à alléger les dépenses de santé publique.
Responsabilité et innovation. Analyser ses propres données, s’appuyer sur la science et réunir médecins, encadrement et partenaires autour d’une même ambition : pour l’AFPadel, c’est une façon d’assumer sa responsabilité envers les joueurs et d’innover dans la manière de faire vivre une discipline.
Une campagne déjà sur le terrain : « Le match se joue avant le match ! » L’AFPadel n’a pas attendu le symposium pour agir. Sa campagne de prévention « Le match se joue avant le match ! » propose déjà des contenus et des capsules vidéo pour aider les joueurs à bien se préparer. Ils sont à retrouver sur la page dédiée du site de l’AFPadel : www.afpadel.be/le-match-se-joue-avant-le-match.
« Une fédération ne se contente plus d’organiser des compétitions », résume Xavier Picard. « Elle a aussi un rôle à jouer pour la santé de ses joueurs, et plus largement pour la société. Plus on prévient tôt, plus nos joueurs pourront profiter du padel longtemps. »
Le bilan AFPadel : 203 accidents déclarés en neuf mois
Pour préparer le symposium, l’AFPadel a analysé les 203 déclarations d’accident reçues entre janvier et septembre 2026, pour 18 352 joueurs affiliés. Ce bilan dessine une carte précise des blessures dans la pratique francophone.
Peu de joueurs concernés. Rapportées au nombre d’affiliés, ces 203 déclarations ne touchent que 1,1 % des joueurs de l’AFPadel. Autrement dit, près de 99 joueurs sur 100 n’ont déclaré aucun accident sur la période. Ce chiffre ne mesure pas pour autant toutes les blessures : il ne compte que les accidents déclarés, généralement les plus soudains ou les plus sérieux.
« C’est un chiffre rassurant : l’immense majorité de nos joueurs pratiquent sans accident », souligne Xavier Picard. « Mais chaque déclaration nous apprend quelque chose. En les analysant, on voit clairement où agir. »
Les membres inférieurs d’abord. La cheville est la zone la plus touchée (20 % des déclarations), devant le genou (16 %), le mollet (9 %) et le tendon d’Achille (8 %). Les entorses sont la blessure la plus fréquente (28 %), suivies des lésions musculaires (20 %), des contusions (16 %) et des fractures (12 %). Le haut du corps est moins concerné, à l’exception de la main et du poignet (9 %).
L’œil, une zone à surveiller. Avec 19 cas sur 203, l’œil représente près d’une déclaration sur dix, très probablement à cause d’impacts de balle. Les joueuses sont les plus exposées : 12 cas chez les femmes contre 7 chez les hommes, soit, rapporté au nombre d’affiliés, un risque environ six fois plus élevé. Un risque que le port de lunettes de protection permettrait de réduire, et qui sera abordé lors de la session consacrée au matériel.
Les femmes, près de trois fois plus concernées. Rapporté au nombre d’affiliés, 2,2 % des joueuses ont déclaré un accident, contre 0,8 % des joueurs.
« C’est le constat qui nous a le plus interpellés », reconnaît Xavier Picard. « Il faut maintenant comprendre pourquoi, et adapter la prévention aux joueuses. »
Les 31 à 60 ans au cœur du bilan. Près de quatre déclarations sur cinq concernent cette tranche d’âge (78 %). Les jeunes sont en revanche épargnés : 0,25 % des 18 ans et moins ont déclaré un accident, contre 1,2 % des adultes.
Un rythme saisonnier. Les déclarations sont plus nombreuses en hiver et au printemps, avec un pic en mars et avril. Les lésions musculaires, en particulier, sont surtout hivernales.
Ces chiffres restent à confirmer avec le dernier trimestre de l’année : une fois croisés par âge et par sexe, certains effectifs sont faibles. Ils donnent néanmoins des pistes concrètes de prévention, que le symposium abordera point par point.
Ce que disent les études internationales
Les recherches publiées entre 2024 et 2026 confirment que le padel expose ses pratiquants à un risque réel. Selon les études, on compte entre 3 et 8 blessures pour 1 000 heures de jeu, et plus de la moitié des joueurs amateurs se blessent sur une période de 6 à 12 mois : 52 % en France (Chadefaux et al., 2024, 645 joueurs), 53,8 % au Chili (Belmar-Arriagada et al., 2025, 364 joueurs) et 69,2 % au Portugal sur l’ensemble de la pratique (Ferreira et al., 2025, 426 joueurs).
Ces taux sont sans commune mesure avec les 1,1 % de déclarations à l’AFPadel, car ils ne mesurent pas la même chose. Les études interrogent les joueurs sur toutes leurs blessures, y compris les douleurs et les blessures d’usure qui ne font l’objet d’aucune déclaration. Les déclarations d’accident, elles, ne recensent que les cas déclarés à l’assurance, en général les plus soudains ou les plus sérieux.
Le coude en tête dans la littérature. Les études placent le coude au premier rang des zones touchées (18 à 18,5 %), principalement à cause de l’épicondylite, le « tennis elbow ». Viennent ensuite le mollet et le tendon d’Achille, la cheville, le genou et l’épaule. Une revue de 14 études publiée en 2026 (Aguilar-Núñez et al., Université de Grenade) confirme ce tableau.
Pourquoi le coude pèse-t-il si peu dans le bilan AFPadel ? Le bras et le coude ne représentent que 3 % des déclarations. L’explication tient probablement à la nature des données : les déclarations d’accident recensent surtout les blessures soudaines (entorse, fracture, choc), alors que l’épicondylite s’installe progressivement et se déclare rarement comme un accident. Les deux sources se complètent : les études révèlent les blessures d’usure, le bilan AFPadel les accidents du terrain.
Des facteurs de risque convergents. L’âge (risque environ quatre fois plus élevé après 40 ans en France), un IMC élevé, un volume de jeu important et la fatigue reviennent d’une étude à l’autre. Les joueuses présentent un risque de lésion musculaire supérieur de 75 % au Portugal, ce qui rejoint le constat de l’AFPadel. Côté yeux, une étude italienne publiée en 2026 dans la revue Eye (Aiello et al., 583 joueurs) montre qu’environ un joueur sur dix a déjà subi une blessure à l’œil, presque toujours à cause d’un impact de balle (92 % des cas). Un quart des blessés en gardent des séquelles durables, et 10 % ont dû être opérés. Pourtant, moins d’un joueur sur dix se dit vraiment favorable au port de lunettes de protection.
Les ophtalmologues néerlandais tirent la sonnette d’alarme. Fin septembre 2026, la société néerlandaise d’ophtalmologie (NOG) a alerté sur une nette augmentation des blessures oculaires graves liées au padel. Un ophtalmologue de l’hôpital Alrijne, explique qu’il voyait auparavant environ deux cas par mois, contre deux à trois par semaine au cours des six derniers mois, et estime qu’environ 5 % des blessés gardent des séquelles permanentes. Sans demander d’obligation, les ophtalmologues recommandent vivement le port de lunettes de sport, comme au squash, où la sensibilisation avait permis de réduire ces blessures. Ce sont des observations de terrain, et non une étude : elles confirment toutefois que l’œil mérite une attention particulière, et font écho aux 19 blessures à l’œil déclarées à l’AFPadel en neuf mois.
Le rôle clé de l’encadrement. Dans l’étude portugaise, jouer sans moniteur multiplie par 17 environ le risque de blessure au coude par rapport à un suivi individualisé. Les pistes de prévention proposées par les chercheurs vont dans le même sens : augmenter la charge progressivement, s’échauffer, se renforcer, travailler la technique et choisir un matériel adapté.
Ces études reposent pour la plupart sur des questionnaires remplis par les joueurs, avec les biais que cela implique. Elles appellent à des suivis plus rigoureux et à des actions de prévention propres au padel : c’est précisément l’objet du symposium.
Le programme du 21 novembre
La matinée réunit médecins du sport, podologues, nutritionniste et préparateur physique autour des blessures les plus fréquentes et de leur prévention.
| Heure | Intervention |
| 8h00 | Accueil des participants |
| 8h20 | Introduction, Xavier Picard (AFPadel) et Dr Séverine Macq (HUmani) |
| 8h30 | Épicondylite chez le joueur de padel : mécanismes, prise en charge et prévention, Dr Elsa Mrzyglod (HUmani) |
| 8h50 | Syndrome sous-acromial : impact des gestes au padel et stratégies thérapeutiques, Dr Nicolas Pedini (HUmani) |
| 9h10 | Lésions myoaponévrotiques : diagnostic et retour au jeu, Dr Brandon Baudoux (HUmani) |
| 9h30 | Tendinopathie achilléenne : facteurs de risque spécifiques au padel, Dr Aurélien Claes (Clinique Sport Namur) |
| 10h00 | Pause yaourt Dilea |
| 10h30 | Chaussures de padel : analyse biomécanique et recommandations, Robin Dans et Benoît Rezsöhàzy, podologues (HUmani) |
| 10h50 | Nutrition et padel : quelles stratégies alimentaires pour optimiser la performance en compétition ?, Pierre Garin (UCLouvain) |
| 11h10 | Prévention des blessures : échauffement, charge et bonnes pratiques, Ricard Colomé (Move to Cure) |
| 11h30 | Session spéciale, quid du matériel ? Raquettes, surfaces, balles et impact sur les blessures, Grégory Siberfeld |
| 12h00 | Clôture |
La première partie est modérée par le Dr Séverine Macq et le Dr Jean-François Poncin, la seconde par le Dr Eliott Iserentant et le Dr Stéphane Lefèvre.
Infos pratiques
- Date : samedi 21 novembre 2026, de 8h00 à 12h00
- Lieu : Hôpital Civil Marie Curie, Grand auditoire, Charleroi
- Public : professionnels de santé, entraîneurs, coachs, professeurs d’éducation physique et éducateurs
- Accréditation : demandée
- Inscriptions : sur la page du symposium, www.afpadel.be/symposium-pathologies-et-prevention
Le 1er Symposium est une initiative de l’AFPadel et de la Clinique du Sport HUmani (CHU Charleroi-Chimay) en collaboration avec en collaboration avec la Société Francophone de Médecine et des Sciences du Sport (SFMSS), Dilea, Santos Palace, Baloise, Pegi, Mosanes et Stim-Form.